«JE NE SUIS PAS UN OBJET : CONCERT POUR DES MASQUES VIVANTS.»
Que signifie réellement l’expression « masques vivants », telle qu’elle est proposée par l’exposition ?
Par Gladys Acramel, publié le 16 février 2025 dans le cadre de l'exposition « Je ne suis pas un objet : concert pour des masques vivants » du 6 au 28 février 2026 - Médiathèque Paul Mado, Ville de Baie-Mahault, Guadeloupe. Commissariat d'exposition : Lucie Emgba Mékongo-Solvar.Le vivant ne désignerait pas ici un objet animé au sens biologique, mais une forme capable d’être activée.
Certains masques sont investis lors de lors de cérémonies ou de célébrations ; d’autres demeurent conservés hors usage rituel et collectif, avant d’être mobilisés lors de moments de transition.
La forme participe pleinement de cette vitalité : figures stylisées, motifs géométriques, figures animales, sobriété formelle ou protubérances, frontalité ou absence (front lisse, nez fin, carré de la bouche, visage en coeur, présence de cornes, paupières mi-abaissées, sourire retenu ...) agissent comme des interfaces et font langage autonome.
Le parcours invite à interroger les habitude𝐬 muséales, qui ont parfois figé la forme en une catégorie esthétique, une représentation, ou pire, un marqueur d’identités supposées stables.
Parler de masques vivants, c’est peut-être reconnaître en eux des agents de transformation continue : entre visible et invisible, entre vivants et ancêtres, entre initiation et devenir, entre hier et aujourd’hui, et entre territoires d'Afrique, des Antilles et diasporiques en résonance.
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